La construction de logements chute encore

Sans pour autant pouvoir être assimilée à une crise du secteur de la construction, la baisse du nombre de permis de construire de 7 % entre novembre et janvier confirme la tendance générale constatée en 2018. Quelles sont les causes de cette chute du nombre de constructions et à quoi faut-il s’attendre lors des prochains mois ?

Une chute confirmée en février

Sur la période de décembre à février, le ministère du Logement annonce que le nombre de permis de construire a enregistré un recul de 12,5 % par rapport à la même période 2017-2018. En ce qui concerne la mise en chantier de nouvelles constructions, la baisse est de 11 %. *

Le secteur le plus touché est celui des immeubles avec une baisse de 15 % par rapport à la même période de l’année précédente. S’ajoute un taux d’annulation important, la construction d’un cinquième des logements collectifs autorisés ayant été suspendue ou annulée.

Le secteur des maisons individuelles n’est pas davantage épargné. Avec un nombre de permis en recul de 10 %, il est en légère aggravation par rapport à la même période de l’année 2018.

Les causes de la baisse du nombre de constructions de logements

Après des années 2016 et 2017 en progression, celle 2018 a été marquée par une pause du nombre de constructions neuves. Le début de l’année 2019 ne s’annonçant pas sous les meilleurs auspices, il devient nécessaire de cerner les causes de cette baisse des constructions neuves.

Pour les acteurs du bâtiment, une raison est à chercher du côté de la réduction des aides à la propriété. Le recentrage géographique du prêt à taux zéro est pour sa part à l’origine de la baisse du nombre de nouvelles maisons individuelles.

D’autre part, l’approche des élections municipales de 2020 a pour effet « d’intimider » les élus locaux en matière de projets d’immeubles collectifs.

Les prévisions 2019 dans le domaine de la construction

Ni rupture, ni emballement, telles sont les prévisions pour l’année 2019. Les principales organisations du bâtiment prévoient ainsi un repli modéré des constructions neuves de l’ordre de – 0,5 %.

D’une part, les projets liés au Grand Paris et l’approche des JO de 2024 ont toutes les chances de stimuler l’offre en logements neufs. D’autre part, la réduction des contraintes apportée par la loi ELAN devrait favoriser le lancement de nouveaux projets immobiliers sur l’ensemble du territoire.